Réalisé par John Halas, Joy Batchelor

Britannique. Animation. 1h13

A partir de 8-9 ans

Sortie au cinéma septembre 2012


Lassés des mauvais traitements, les animaux de la Ferme du manoir se révoltent contre Mr Jones, le fermier. Ils le chassent et proclament une nouvelle société où tous les animaux sont égaux. Mais quelques-uns dans la ferme décident bientôt que certains sont plus égaux que d'autres...

 

Lire le roman de George ORWELL 

     

 

 

 

 

 

Critique de Michel Doussot

Un dessin animé au contenu clairement politique, voilà qui n’est pas courant. Adaptation d’un court roman de George Orwell sortie en 1954, La Ferme des animaux de John Halas et Joy Batchelor a conservé son charme et sa pertinence.

L’histoire

Non, décidément, rien ne va plus à la ferme. Les animaux en ont assez du bipède qui les dirige. Un soir, le Major, un vieux cochon, réunit l’ensemble des animaux de la ferme avant de mourir : « Tout ce que nous produisons nous est enlevé. Renversez le tyran ! Tous les animaux sont frères ! » A l’aube, ils font fuir le fermier. Tous travaillent maintenant avec ardeur, mais les plans de leur leader, le cochon Boule de suif, ne sont pas infaillibles. Accusé de trahison, il est mis en fuite par César, autre cochon qui se fait craindre par sa garde constituée de chiens méchants. De saison en saison, le pouvoir de César devient excessif. Sa devise : « Tous les animaux sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres. » Comment les citoyens de la ferme vont-ils réagir ? 

Une adaptation

John Halas et Joy Batchelor réalisent des films pour le compte du gouvernement britannique quand, en 1951, ils se lancent dans l’adaptation du roman Animal Farm de George Orwell, sorti en 1945. L’auteur vient de disparaître (1903-1950) après avoir écrit 1984, célèbre ouvrage d’anticipation décrivant une société totalitaire inspirée des modèles fasciste et stalinien. Dans La Ferme des animaux, George Orwell fait référence à l’expérience russe pour raconter sous forme de fable de quelle façon les aspirations d’un peuple qui a fait sa révolution peuvent être trahies par ses dirigeants (ici des cochons). L’adaptation est fidèle au texte d’Orwell. Seul changement notable : la fin. Le roman se conclut par l’alliance des cochons (staliniens) et des hommes (capitalistes). Dans le film, les animaux font de nouveau la révolution. Après la sortie de La Ferme des animaux en 1954 (appelé aussi Animal-Ville), Halas et Batchelor ont continué de réaliser des centaines de films d’animation, devenant ainsi les représentants britanniques les plus éminents de ce genre.

Le thème de la différence

A l’évidence, La Ferme des animaux est une parabole. Les bêtes représentent les humains travailleurs qui, à force d’être exploités renversent l’ordre établi. Pour leur malheur, ils ne se rendent pas compte que parmi eux, certains cochons ont une mentalité de bipède. En somme, l’aspect extérieur d’un être ne correspond pas à ce qu’il est en son for intérieur. Ici, nous disent le livre et le film, la différence se situe entre les exploiteurs et les exploités, entre ceux qui ne travaillent pas et ceux qui produisent. A la fin, l’âne Benjamin ne voit plus César en cochon mais en bipède. Ce dernier ne fait plus partie du monde des animaux et doit être rejeté.

Le public

Il est évident que le contexte historico-politique de ce film doit être expliqué avant projection pour que le jeune spectateur en comprenne la teneur. Cela dit, les enfants comme les adultes seront enchantés par son graphisme inspiré du style Disney. Animaux comme humains font l’objet de gags bienvenus qui allègent un propos plein de gravité.